Le tableau ci-après
montre que les deux phénomènes ne deviennent significatifs que
lorsque le véhicule a au moins atteint la moitié de la vitesse
de la lumière mais deviennent impressionnants lorsque le véhicule
dépasse 99,5% de la vitesse de la lumière . Celle-ci reste néanmoins
infranchissable. A 99,9999% de la vitesse de la lumière, un km
parcouru par le véhicule représenterait 707 km terrestres et un
jour écoulé représenterait près de 2 ans terrestres.
Malheureusement, la variation de la longueur et du temps s'accompagne
dans la même proportion d'une variation de la masse et il paraît
pour l'instant difficile de penser qu'un véhicule allant à une
vitesse relativiste puisse développer l'énergie correspondant
à un accroissement de sa masse supérieur à 100 fois celle de
sa masse au repos, ce qui serait déjà très considérable. Dans
ces conditions, la limite maximum de vitesse pour un vaisseau
spatial se situerait à moins de 99,99% de la vitesse de la
lumière.
| v/c(
en %) |
un
jour dans le véhicule en mouvement à la vitesse v représenterait |
|
jours terrestres |
années terrestres |
| 0 |
1,00 |
0,003 |
| 50 |
1,15 |
0,003 |
| 87 |
2,03 |
0,006 |
| 94 |
2,93 |
0,009 |
| 97 |
4,11 |
0,011 |
| 99 |
7,09 |
0,019 |
| 99,5 |
10,01 |
0,027 |
| 99,9 |
22,37 |
0,061 |
| 99,99 |
70,71 |
0,194 |
| 99,999 |
223,61 |
0,613 |
| 99,9999 |
707,11 |
1,937 |
| 99,99999 |
2236,07 |
6,126 |
Il est impossible qu'un
vaisseau spatial atteigne instantanément une vitesse proche de
celle de la lumière. Tout voyage interstellaire devra donc
comporter trois phases: une phase d'accélération pour atteindre
cette vitesse , une phase de croisière à cette vitesse et une
phase de décélération avant l'atterrissage. L'accélération
et la décélération doivent rester supportables pour les
astronautes. L'hypothèse à retenir est probablement que celles-ci
soient égales à la force de la pesanteur g, à laquelle le
corps humain est habitué (g=9,81m/s/s). Les 3 exemples suivants
montrent ce que pourrait être un voyage relativiste à
destination d'une étoile proche, d'une étoile à distance
moyenne et d'une étoile lointaine située au centre de la
Galaxie:
| alpha
du Centaure |
distance à parcourir en al |
durée pour la terre en années |
durée pour l'équipage en
années |
| phase 1 : accélération g jusqu'à
v = 99,5%c |
0,96 |
1,93 |
1,68 |
| phase 2 : v = 99,5%c |
2,48 |
2,49 |
0,25 |
| phase 3 : décélération g jusqu'à
v = 0 |
0,96 |
1,93 |
1,68 |
| Total |
4,40 |
6,35 |
3,61 |
| Antarès |
distance à parcourir en al |
durée pour la terre en années |
durée pour l'équipage en
années |
| phase 1 : accélération g jusqu'à
v = 99,99%c |
0,97 |
1,94 |
1,69 |
| phase 2 : v = 99,99%c |
602,06 |
602,06 |
8,51 |
| phase 3 : décélération g jusqu'à
v = 0 |
0,97 |
1,94 |
1,69 |
| Total |
604,00 |
605,94 |
11,89 |
| centre
de la Galaxie |
distance à parcourir en al |
durée pour la terre en années |
durée pour l'équipage en
années |
| phase 1 : accélération g jusqu'à
v = 99,99%c |
0,97 |
1,94 |
1,69 |
| phase 2 : v = 99,99%c |
27 000,00 |
27 000,00 |
381,84 |
| phase 3 : décélération g jusqu'à
v = 0 |
0,97 |
1,94 |
1,69 |
| Total |
27 001,94 |
27 003,88 |
385,22 |
Ces exemples permettent de
tirer les conclusions suivantes:
les phases
d'accélération et de décélération imposent pour
les astronautes une durée de voyage minimum de près
de 3 ans et demi. Cette durée augmente d'autant plus que l'accélération
ou la décélération sont inférieures à g.
l' espoir
de retour n'est raisonnable que pour les voyages à
destination des étoiles les plus proches. Pour les étoiles
à distance moyenne, le décalage temporel devient trop
important même si le retour reste théoriquement possible:
dans le cas n°2, l'aller-retour durerait 24 ans pour l'équipage
mais plus de 1 200 ans pour la terre.
vers les étoiles
lointaines de la Galaxie, l'échelle humaine ne suffit plus
pour le voyage et il faudrait imaginer des vaisseaux immenses
pouvant transporter des colonies entières pendant plusieurs
générations vers un objectif sans retour.
enfin, le
voyage relativiste permet de franchir les limites du système
solaire mais pas celles de notre galaxie pour aller conquérir
l'Univers.
La vitesse de la
lumière et l'augmentation de la masse en fonction de la
vitesse constituent deux barrières imposées par la théorie de
la relativité restreinte. Pour contourner ces barrières,
diverses hypothèses ont été avancées mais elles restent pour
l'instant très incertaines. L'une d'elles, l'idée des trous de
ver, est liée à la constatation des trous noirs. Einstein, dans
la théorie de la relativité générale en 1915, a expliqué que
l'Univers est courbe et que la gravité est une distorsion de l'espace.
Il en résulte que, par l'effet d'une masse, celle d' une étoile
par exemple, l'espace plan se déforme en objet à trois
dimensions. Si la masse est énorme, comme celle des trous noirs,
l'espace se déforme encore plus en objet à quatre dimensions,
la quatrième dimension étant celle du temps qui ne peut être
directement observée. Les trous noirs pourraient ainsi
perforer l'espace, devenant l'entrée de trous de ver, sortes de
tunnels gravitationnels intemporels . Pouvoir emprunter un de ces
tunnels permettrait de passer d'un point à un autre de l'espace
de façon quasi instantanée. Les recherches sur l'espace-temps
sont un des sujets les plus passionnants de la cosmologie. L'avancée
de ces recherches ainsi que le progrès technologique rendront
sans doute un jour possible l'exploration humaine de l'Univers.
  
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