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                           René VIVIANI

(1863 Sidi Bel Abbes - 1925 Le Plessis-Robinson)

 

 

René Viviani commença en Algérie son métier d'avocat avant de le poursuivre en France. Il défendit les droits des militants socialistes et des syndicalistes. A 30 ans, il entreprit une carrière politique, au cours de laquelle il se montra un brillant orateur. Député du 5ème arrondissement de Paris de 1893 à 1902, il fit voter en 1900 avec le soutien de Poincaré une loi qui permit aux femmes d'être admises au barreau. Avec Jaurès et Briand, il participa en 1904 à la création du journal l'Humanité et à l'unification du parti socialiste français, devenu en 1905 le parti socialiste unifié - section française de l'internationale ouvrière. Au moment des débats sur la question religieuse, il se distingua par ses positions très anticléricales. Elu de 1906 à 1922 député de Bourganeuf, il quitta en 1906 le parti socialiste, hostile à toute participation au gouvernement, pour devenir socialiste indépendant et entrer dans le gouvernement de Clemenceau, dans lequel il occupa, pour la première fois, le poste de ministre du Travail nouvellement crée. Il resta à ce poste lorsque Briand devint président du Conseil et y demeura jusqu'en 1910. Puis il détint en décembre 1913 le portefeuille de l'Instruction publique dans le gouvernement Doumergue.

Après la victoire de la gauche aux élections législatives en mai 1914, il fut nommé le 13 juin par le président Poincaré ministre des affaires étrangères et président du Conseil. Il fit voter le 1er juillet la création de l'impôt sur le revenu. Deux semaines après l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin, il accompagna Poincaré dans une visite d'Etat en Russie afin de renforcer l'alliance. Bien que personnellement hostile à la guerre, il se rallia à la position de Poincaré et se résolut le 1er août à décréter la mobilisation générale. Le 26 août, acceptant la demande de Poincaré après les premiers échecs militaires, il changea son gouvernement pour constituer un gouvernement d'union sacrée chargé de mener la guerre. Ce gouvernement fut obligé en septembre de quitter Paris menacé et resta à Bordeaux jusqu'en décembre. Viviani dut laisser la conduite de la guerre à Joffre, général en chef, sur lequel il ne put exercer une autorité. Il échoua dans ses tentatives de mener des missions d'inspection et de contrôler l'action du haut commandement militaire, qui refusait de rendre compte aux parlementaires et empiétait sur les compétences du pouvoir civil. En octobre 1915, après l'entrée en guerre de la Bulgarie et bien qu'ayant conservé la confiance de la Chambre, il démissionna et fut remplacé comme président du Conseil par  Briand. Il resta cependant dans les gouvernements Briand et Ribot, avec le portefeuille de la Justice, qu'il conserva jusqu'en septembre 1917, tout en étant également ministre de l'Instruction Publique de décembre 1916 à mars 1917. En avril-mai 1917, il conduisit une mission aux Etats-Unis, accompagné de Joffre, devenu maréchal, pour convaincre ce pays d'entrer en guerre et pour déterminer les conditions de son intervention. La réussite de cette mission fut déterminante dans la poursuite et l'issue de la guerre.

Représentant de la France à la Société des Nations (1920 - 1921), il fut élu sénateur en 1922 mais, frappé d'une crise d'apoplexie la même année, il demeura ensuite paralysé jusqu'à sa mort en 1925 au Plessis-Robinson.


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                accueilpage précédente