Michel VILLEDO

(1598 Jarnages -1667 Paris)

 

 

Michel Villedo fut à Paris l'un des émigrants creusois les plus célèbres du temps de la monarchie. Apprenti maçon sous Henri IV, il gravit tous les échelons de ce métier pour devenir sous Louis XIII entrepreneur puis en 1637 maître général  des oeuvres de maçonnerie et bâtiments du roi, avec la juridiction qui y était attachée. Il s'agissait d'une charge importante de l'Etat. Le maître général  inspectait les travaux d’intérêt public et les alignements des maisons qui risquaient de porter atteinte à la voirie. Il avait aussi un rôle de garde du métier, présidant la réception des candidats à la maîtrise. Enfin, il exerçait la justice sur les gens du métier. Deux de ses fils, François et Guillaume, furent aussi maîtres généraux après lui.

Il participa à de nombreux chantiers parisiens. L’une de ses premières entreprises importantes fut la construction en tout ou partie pour Lamoignon, vers 1625, du château de Baville, au sud de Paris. Il eut une activité importante dans le quartier du Marais, dont il lotit une grande partie et où il construisit des maisons mais aussi deux églises: en 1632-1634, sur le plan de François Mansard, il édifia, rue Saint Antoine  l’église de la Visitation-Sainte-Marie et,  rue du Temple , il reprit en 1643 pour l’achever vers 1646 la construction de l’église Sainte Elisabeth, commencée en 1628 par le maître maçon Louis Noblet et arrêtée en 1631. En respectant les plans probablement dûs à François Mansard, il termina en 1649-1650 l’hôtel d’Aumont, édifié pour le financier Michel Antoine Scarron et qui passa à la mort de celui-ci en 1655 à son gendre, le Maréchal de France Antoine d’Aumont.

Il eut un rôle majeur dans les premiers chantiers d'envergure de l'architecte parisien Louis le Vau (hôtel de Guillaume de Bautru en 1634 et celui de François Petit, rue de Turenne en 1638). Il proposa au cardinal de Richelieu le plan d'un canal semi-circulaire allant de l'Arsenal aux Tuileries mais le projet ne fut pas retenu. Il construisit à l'emplacement de la tour de Nesle et de ses dépendances tout un quartier qui fut rasé plus tard pour édifier le Palais Mazarin. En 1641, il construisit le marché aux chevaux du faubourg Saint-Victor, diverses maisons de la rue Richelieu. Il aménagea le Palais de Justice, éleva entre 1636 et 1659 l'hôtel Montyon dans la rue Guénégaud. Il dirigea la construction de plusieurs parties du Louvre dont l'étage  de l'escalier Pierre-Lescot en 1639. Le château de Saint-Germain-en-Laye porte sa marque. A son initiative  fut entrepris, dans le quartier Saint Roch, l’aplanissement de la  Butte aux Moulins constituée, sous François Ier, par l’amoncellement des gravois résultant des travaux de fortification de l’enceinte Charles V. Il y fit élever un nombre important de maisons. En 1650, il  possédait un hôtel au 35 de la rue de Turenne.

La plus importante réalisation de sa carrière fut cependant le château de Vaux-le-Vicomte, commandé en 1656 par le surintendant des finances Nicolas Fouquet. Il édifia le château sous la direction de l'architecte André Le Vau tandis que Le Brun en dirigea la décoration et Le Nôtre la création des jardins.

Une rue ouverte en 1639, qui joint la rue de Richelieu et la rue Sainte-Anne, porte son nom depuis 1655. En 1677, son fils François, qui lui avait succédé comme maître général, eut l'honneur de tendre au roi le marteau avec lequel celui-ci frappa quelques coups lors de la pose solennelle de la première pierre de la colonnade du Louvre.

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            accueilpage précédente